maraichage3Suite à nos efforts, les femmes rurales participent beaucoup dans les décisions familiales par l’utilisation des profits agricoles de la manière suivante : Nous expliquons aux femmes qu’elles doivent manger à leur faim et surveiller que leurs enfants mangent également bien. La faim est difficile à supporter. Elle leur expose à la tristesse, à la faiblesse, aux maladies et aux avortements quelquefois. Pour ce faire les femmes doivent bien prendre des décisions sur l’utilisation des profits agricoles. Dans nos villages, le grenier familial appartient à toute la famille. Après les récoltes en octobre, le chef de famille fait le tri des gros épis de mil et les conserve dans le grenier familial qu’il referme aussitôt en attendant le mois de juin pour l’ouvrir afin de permettre à toute la famille de pouvoir manger et cultiver. Le reste du mil « considéré comme des épis qui n’ont pas réussi » est mis à la disposition des femmes qui malheureusement ne va durer que deux mois. Alors chaque femme devrait se prendre en charge avec ses enfants plusieurs mois en attendant juin.maraichage1
Dans un tel contexte les profits agricoles des femmes viennent de leur champ personnel. Ils sont utilisés de décembre à Mai (5 mois) et participent ainsi aux décisions familiales. Généralement un homme a 2 ou 3 femmes. Ce sont les femmes qui sont chargées de lui servir à manger à tour de rôle jusqu’en juin.

Description de notre projet agricole
Notre association comprend par agriculture toute pratique culturale permettant aux populations féminines de disposer de la nourriture en toute période de l’année en quantité suffisante et variée. Pour cela l’association développe deux méthodes culturales en saison sèche ( de septembre à Avril) appelée couramment « maraichage » et en saison de pluies ( Avril à septembre) appelée « culture vivrière subsistance ».

a) Culture maraîchère : les femmes ont surnommé le grenier de saison sèche.
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A partir du mois de septembre : Les femmes désirant faire cette activité font parvenir leur demande de manifestations d’intérêt comprenant les semences , les quantités, les besoins en matériels (arrosoirs, les produits de traitement) et les besoins en formation.
Toutes les demandes sont examinées par le comité exécutif de Zoodo qui les convoquant pour discuter des conditions d’accompagnement la mise en place des pépinières des légumes (, oignon, choux, tomates, la germination de la pomme de terre.)
En Octobre : la préparation des terrains (défrichage, labour, traçage des planches, traitement des sols pour éliminer toutes les petites bêtes qui mangent les pousses), repiquage.
En Novembre : préparation du composte dans les sites, repiquage, arrosage des plants et surveillance technique.
En plus des semences importées, les femmes vont semer le haricot,(pour les feuilles) l’oseille, (pour les feuilles), les épinards, les aubergines, et le gombo en vue d’améliorer leurs sauces pendant 4 à 5 mois. Le persil, les concombres, la menthe, la salade, le maïs semé pour servir de brise vent. Une partie de cette production est consommée une partie est vendue au profit des femmes.
En Décembre : le maraîchage est bien installé, et des formations sur les techniques de production, de récolte, de conservation, les produits maraîchers rentables, les périodes de commercialisation sont organisées pour les femmes.
wabDe Janvier à Avril : les beaux produits envahissent les marchés villageois, le marché central de Ouahigouya, et des acheteurs vont faire leurs achats auprès d’elles dans les villages.
Les dirigeantes de l’association s’impliquent dans la recherche des marchés pour aider les femmes rurales afin qu’elles puissent mieux vendre et améliorer leurs conditions de vie.
D’avril à Mai : c’est aussi la période des approfondissements des anciens puits, le creusage des nouveaux des puits, du creusage des nouveaux puits et du busage . Cette activité est assurée par les hommes au profit des femmes.

b) Culture pluviale « culture vivrière de subsistance »
Bien que pluviale, elle demande une préparation qui commence en Mars, Avril, et Mai par le rassemblement des matières organiques (fumier, feuilles mortes de la cendre) pour la préparation du compost . . . La technique de Zaï et la formation sur la production du compost sont réalisées par notre association. Ces deux techniques utilisées dans les villages sont connues des femmes. La technique de Zaï permet de conserver l’humidité dans le trou pendant plus de sept (7) jours ; le pied de mil ou du mais poussé résiste à la sécheresse même quand la pluie venait à s’arrêter pendant plusieurs jours comme c’est fréquemment le cas dans la région du nord où nous habitons.
En associant Zaï et fumure organique on obtient un accroissement significatif des rendements agricoles. champCette technique Zaï consiste à creuser le poquet et à y mettre le compost en attendant les premières pluies de juin. Lorsque la pluie tombait on va ensemencer. Nombre de femmes qui sont formées dans le domaine de bonnes pratiques agricoles dans les 10 villages est estimé à 250 femmes. La réalisation de ce projet sera un soulagement pour toutes ces participantes qui s’interrogent sur l’autonomie de ces centres où les enfants ont pris l’habitude de s’y rendre à la recherche de la bouillie enrichie.

 


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